Une saison pour mûrir

u12-haut-rhin-coupe-de-france-des-departements-senlis

Mulhouse a choisi de refuser la montée en Nationale 2, quitte à repartir en N3 pour une nouvelle saison qu’on promet être la dernière. Celle-ci doit juste servir d’apprentissage avant le grand saut. D’ores et déjà, François Klein, Peter Lucas et Thierry Estèbe préparent les jeunes impatients à affronter de plus hautes sphères.

Elle n’est pas si mal, finalement, cette Nationale 3. A la voir de loin, on pourrait mal la juger, la trouver peu gironde, étriquée, aux proportions peu amènes, vraiment pas intéressante à fréquenter. Depuis le temps que Mulhouse la côtoie, ses poloïstes ont appris à l’apprécier. Mieux, cette saison, ils ont décliné l’invitation d’aller voir sa grande soeur la N2. « Nos joueurs ne sont pas prêts. »

« Travail pour l’an prochain »

François Klein a l’expérience de la compétition : il y a longtemps trempé avant d’être à la place du coach, au bord du bassin. L’équipe est jeune, certains plus que d’autres même s’ils ne s’en rendent pas toujours compte. Se laisser mûrir à l’ombre de la N3 a été préféré à une mise au soleil trop rapide. Plusieurs s’y seraient brûlé les ailes. « On risquait d’en cramer quelques-uns… »

Cette saison sert à préparer la suivante, qu’ici on espère en Nationale 2, enfin. « Je travaille surtout pour l’an prochain. Je veux qu’on y tienne la route. » Pour cela, le garçon se montre exigeant. Et actuellement, à l’entraînement cela bosse dur. « J’ai du mal, confie François Klein. J’essaye d’apporter quelque chose de neuf, l’attention n’est pas toujours là. » Parler tactique s’avère compliqué.

Les plans de jeu ont du mal à rentrer. « Ce que vaut l’équipe ? Là pas grand-chose. Elle a besoin de beaucoup travailler. La saison dernière, les gars avaient pris conscience de leurs possibilités mais il reste beaucoup à faire. » Ou plutôt à refaire. « Il n’y a pas l’esprit d’équipe entre les jeunes adultes et le groupe des (nés en) « 93 ». Entre eux il y a de la concurrence, des problèmes de cohésion. »

Sans Antoine Bruère, parti sur Paris, Mulhouse part sans buteur né. Faire du jeu ne suffira pas à faire trembler les cages adverses, les buts devraient être plus durs à pondre. « Le potentiel de ce groupe est énorme, mais dès qu’on change un ou deux éléments dans le dispositif, tout le monde est paumé. Je veux que chacun soit plus polyvalent, capable de réagir avec un jeu en mouvement. »

Les premières dates du calendrier doivent servir de rodage, déjà ce soir (19h 30) face à Colmar II. « Cette Nationale 3 – nous y revoilà – est bizarre, inégale. On devrait se retrouver à trois devant, avec Thionville et Chenôve. Les quatre autres sont plus faibles. » On y rencontre Colmar, Nancy, Longwy et Belfort. D’ici avril et les play-offs, Mulhouse a le temps d’user ses plans de jeu.

Championnat bizarre calendrier équilibré

Le championnat est plus compact cette saison, sans trou d’air comme par le passé avec trois semaines sans un match à se glisser sous la langue. « Ce sera plus facile pour se préparer. Avec quinze jours entre chaque rencontre, on a le temps de corriger, tirer les leçons, mettre en place de nouvelles tactiques. » Un gros travail de fond peut être envisagé afin que Mulhouse construise son avenir.

C’est d’ailleurs le but de cet exercice, avec des « 93 » en force et quelques « 95 » venus en apprentissage. « Ce groupe a juste besoin de vivre, j’ai actuellement envie de voir jusqu’où il peut aller. » Et si certaines têtes venaient à gonfler, il restera toujours les retrouvailles en toute amitié avec les voisins de Colmar, celui de la N2, et Bâle. Les gamins n’ont plus qu’à écouter la parole du maître.

Serge Bastide – DNA