Toujours en N3

 

2010-04_n3

La saison senior du club est terminée. Les poloïstes mulhousiens retrouveront le bassin de la Nationale 3 dès la rentrée 2010. D’ici juillet, d’autres échéances attendent encore les plus jeunes.

Dans le train Bordeaux-Mulhouse, l’ambiance est conviviale. On parle à la fois de tout et de rien. Surtout, on évite tout ce qui a trait au water-polo et au résultat cinglant du week-end. Cette défaite, au premier tour des barrages, reste encore en travers des têtes et des gorges mulhousiennes.

François Klein, le guide des poloïstes du MWP ne cache pas son amertume : « Il y avait largement moyen de passer », affirme le coach d’ici. « Avec Lucas Peter, Antoine Bruère et les frères Krempper absents, on arrive à perdre, mais de peu. » Face à Montargis, l’écart est maigre (12-10). Nicolas Estèbe, titulaire de N1 et joker du groupe mulhousien pour les phases finales, en inscrit huit. Et même face à Bordeaux, les Mulhousiens ne sont pas passés si loin du compte (13-9). Nicolas en met six.

Au total, ce précieux pilier a inscrit plus de la moitié des points haut-rhinois. Au point d’éclipser, paradoxalement, le reste de l’équipe. « Tout passait par lui. On a exploité ses compétences, sans avoir le champ libre. Mais nous avons aussi bien joué avec que sans lui. Anthony Oudin est habituellement l’un de nos meilleurs joueurs dans l’eau. Ce week-end, je ne l’ai pas vu », confie François Klein. « J’ai eu envie de leur dire « Réveillez-vous ! » » Contre Douai, la grosse écurie de ces barrages, ses joueurs ont dû faire sans Nicolas Estèbe pendant trois périodes… et ne s’en sont pas trop mal tirés.

A l’heure où Mulhouse sait déjà (à 99%) que ses poloïstes resteront en Nationale 3 la saison prochaine, tombent le premier bilan et la remise en question. « Cette saison, nous accumulons les « pas de chance », notamment avec les défections. J’ai aussi l’impression que nous avons eu plus de mal à concerner les joueurs. Mais c’est un problème collectif, une histoire de responsabilité. Entraîneurs comme joueurs devront se remettre en cause. »

D’habitude, ses garçons vont régulièrement se faire la main à Bâle et Colmar. Cette année, les relations ont été moins faciles à établir. Les jeunes gaillards de François Klein n’ont pas non plus été toujours réguliers aux entraînements. « Avec des absents en nombre, il y a eu moins de concurrence à l’entraînement et du laisser aller. Malheureusement, le « club des réguliers » était trop restreint. Nous n’avons pas assez travaillé. »

L’an dernier, la montée était acquise. Les Mulhousiens l’ont refusée. La souhaitaient-ils davantage cette année ? « Il ne suffit pas d’y croire. Il faut aussi le vouloir. Mes joueurs ont été davantage « guerriers » l’an dernier. Mais là, je ne parierai pas sur une montée. »

La dernière chance du MWP reste la refonte du système de championnat. Celle-ci concerne principalement la Nationale 2, en créant trois poules de neuf équipes sur le territoire. Aucune ne descend. Des places peuvent se libérer suite à ces créations, si d’autres groupes souhaitent se désister. Mais Mulhouse n’est pas prioritaire.

Avec la montée de Chenôve en N2, seule véritable bête noire des Mulhousiens cette saison, ces derniers risquent de se retrouver leaders de la zone Est, en N3. « Une équipe senior de jeunes », pour reprendre la formule de François Klein, qui pense d’ores et déjà aux enseignements à tirer pour la suite.

Pierre Gusz – DNA – 20 avril 2010