D’un but seulement

2010-08_france

La France avait le tournoi en main. Un nul suffisait, hier face à la Slovaquie, pour en sortir gagnant. Mais la Slovaquie a fini par s’imposer, dans la dernière minute et les Bleus du Mulhousien Nicolas Estèbe s’apprêtent à partir aux championnats d’Europe, la semaine prochaine à Stuttgart, avec des doutes. La France du water-polo n’est plus une grande nation quand les échéances internationales s’affichent. C’est vrai chez les seniors, cela l’est aussi avec les sélections jeunes. Ces Bleus de « 17 ans » n’ont peur de rien, ils osent tout et n’ont aucune bride à l’heure des rêves. Pour ces championnats d’Europe, la semaine prochaine, à Stuttgart, ils ne se refusent aucun objectif, même le plus fou.

Le meilleur et le pire

Ce dernier tournoi, en ce long week-end à Mulhouse, a permis de voir les qualités, mais aussi les limites, de ce groupe. « C’est une équipe qui peut aller loin, capable du meilleur. A d’autres moments elle peut aussi se désunir et nous offrir le pire », analyse leur coach, Gilles Madelenat, qui fut leur entraîneur (presque à tous) à l’Insep. A lui, c’est sa dernière campagne, il quitte Paris et retourne en club chez lui, en Normandie.

Ses joueurs vont démarrer la compétition dans une poule qui n’a rien d’impossible, avec la Serbie et le Monténégro, deux nations contre qui ils se sont inclinés de peu (-1) lors de ces semaines de préparation, puis la Bulgarie, à battre absolument. Le but sera d’atteindre la première (pour un quart direct) voire la deuxième place, pour un 8e sans doute contre la Turquie, battue ici 6-12 par les Bleus.

Le Mulhousien Estèbe

« Cette équipe a un axe fort, possède une bonne vitesse. Il y a de la qualité, elle ne se laisse pas déborder dans les déplacements, elle est homogène. Je l’ai aussi vue décrocher. Elle peut réussir de grandes choses mais je dois rappeler certaines choses. » Nicolas Estèbe, le Mulhousien de la bande, est à l’image de l’ensemble. « Il est rapide, assez fluide et possède un bon shoot.

« Lui aussi peut tomber dans une certaine nonchalance. A croire que c’est contagieux. C’est peut-être cela la nouvelle génération. L’orgueil c’est bien, mais je constate un manque de remise en question. C’est toujours à cause de la fatigue, de ce qu’on a mangé, de l’arbitre… » Le guide de ces Bleus sort d’un dernier match perdu (7-8) à la dernière minute face à la Slovaquie. Un nul et le tournoi était en poche.

La France deuxième

« On a commencé à jouer quand on a été mené », regrette Gilles Madelenat. Hier matin, dans l’Illberg, les Français sont passés d’un -4 à un 4-0 (7-7) avant de s’incliner d’un but sur faute de jeunesse. A la différence de buts, la France avait besoin d’un nul, pas plus. Ce revers, après les succès face la Turquie (12-6) puis l’Australie, plus pénible (10-9), renvoie l’équipe de France au deuxième rang.

« C’est dommage, cela nous aurait fait du bien, en terme de confiance, de partir aux championnats d’Europe avec cette victoire. Chez eux (en Slovaquie) on avait perdu avec un arbitrage maison. J’aurais aimé prendre une revanche. Sur ce tournoi, on a manqué de régularité, on a du mal à enchaîner les bonnes prestations. Il y a des baisses d’investissement. » A corriger pour ces championnats d’Europe.

S.Ba. – DNA – Photo DNA – Marc Rollmann

Les résultats : France – Turquie 12-6 ; Slovaquie – Australie 6-3 ; France – Australie 10-9 ; Turquie – Slovaquie 6-10 ; France – Slovaquie 7-8 ; Turquie – Australie 6-10.

Le classement : 1) Slovaquie ; 2) France ; 3) Australie ; 4) Turquie.