Les Bleus devront se méfier de Malte

Article sur le site Ligue Promotionnel de Water Polo

Steven Camilleri (la star maltaise)

 

A la nouvelle du tirage au sort du match de barrage pour accéder aux championnats d’Europe, tout le monde s’est enthousiasmé, mais la partie sera-t-elle aussi facile que l’on pense face à Malte ce samedi à Montpellier (20h30 à la piscine olympique d’Antigone) ?

Archipel composé de 8 îles dont 4 seulement sont habitées, le territoire maltais s’étend sur 316 km2. Il est peuplé d’un peu plus de 400 000 habitants. Ce qui fait de la République de Malte le plus petit des états de l’Union européenne, à la fois par sa superficie et sa population. Mais qu’en est-il au niveau du water-polo ?

Une vieille tradition mais une pratique toujours aussi dynamique

Importé sur l’île par les Britanniques, dont Malte fut une colonie jusqu’en 1964 (1), le water-polo est l’un des sports les plus populaires et les plus ancrés dans l’histoire du pays. Pour preuve, Malte fait sa première apparition aux Jeux olympiques en 1928 avec… ses poloïstes ! Vainqueurs 3 à 1 du Luxembourg lors du 1er tour, les Maltais s’inclinent en ¼ de finale face à… la France, championne olympique en titre et future médaillée de bronze, sur le score sans appel de 16 à 0. Huit ans plus tard, à Berlin, les Maltais ne franchissent pas la phase de poule après trois revers face à la Grande-Bretagne (8-2), à la Hongrie (12-0) et à la Yougoslavie (7-0), tandis que les Tricolores échouent au pied du podium. Si la dernière participation de Malte aux Jeux remonte donc à près de 90 ans, l’équipe nationale n’a cessé depuis d’être présente dans les différentes compétitions européennes. Régulièrement membres de feu le groupe B des championnats continentaux, les Maltais réalisent un véritable exploit lors de la phase de qualification de l’édition 2012 en battant la Turquie, qui gagnera ensuite sa place pour l’Euro, sur le score de 8 à 7 ! Signe de la place importante du water-polo dans la culture sportive de l’île, le « Petit Fûté » consacre près d’une page à la discipline rappelant au passage que des bassins entièrement dédiés fleurissent sur les côtes, ou directement dans la mer, où des lignes d’eau délimitent le champ de jeu.  Malte jouissant d’un climat méditerranéen très agréable, toutes les piscines sont découvertes et le théâtre de deux championnats saisonniers. Le championnat d’hiver de 1ère division commencera cette année le 21/02 pour se terminer le 17/05 et rassemblera six équipes (deux de Sliema : « Exiles » et « ASC » une de Saint-Paul’s Bay : les « Sirens » ; deux de La Valette : « Valette United » et « Neptunes » ; et une de San Giljan) plus l’équipe nationale « moins de 19 ans » (hors compétition). Le championnat d’été présente quant à lui la particularité de se dérouler de juin à septembre, quand les grands championnats européens marquent une pause. Résultat des courses, de nombreux joueurs des plus grandes nations poloïstiques du Vieux continent, attirés par les salaires intéressants proposés ici, ont pris l’habitude de passer l’été à Malte. Les champions olympiques hongrois (Gergely Kiss, Tamas Molnar et Tamas Varga) ou croate (Samir Barac) sont de ceux-là, tout comme le regretté Emmanuel Ducher ou encore Aurélien Cousin. Joueur aux « Exiles » de 2007 et 2011, l’ancien international français en est désormais l’entraîneur.

Camilleri, le « Bodegas » maltais

Si Karl Izzo devra donc composer avec des joueurs qui n’auront pas encore repris la saison avec leurs clubs, le coach maltais pourra par contre compter sur un groupe qui se connaît parfaitement bien. Opposés aux « Neptune » de La Valette lors du 1er tour de l’Euro Cup, les Dauphins de Sète ont ainsi affronté (et battu) pas moins de 11 des 13 joueurs alignés en équipe nationale lors du dernier tournoi de qualification des championnats d’Europe ! Parmi eux, le gaucher Mattheew Zammit, qui a tapé dans l’œil de Yannick Bonniou, l’entraîneur sétois.  Auteur de deux buts face aux Héraultais, il en a inscrit 9 au total à l’occasion des 3 rencontres disputées par les « Neptunes » en Euro Cup ». Véritable star dans son pays, Steven Camilleri évolue quant à lui en Série A1 italienne à Bogliasco depuis 2008 ! Attaquant redoutable et expérimenté, il est actuellement le meilleur réalisateur du club transalpin avec 31 buts en 16 rencontres.

Pendant la phase qualificative au sein de laquelle Malte a terminé en 7ème position (2), le « Bodegas maltais » s’est également distingué en inscrivant un tiers des 146 buts de l’équipe nationale ! Attention, cet homme est donc dangereux pour les Bleus. Quant au style de jeu de l’équipe maltaise, il est, aux dires de Yannick Bonniou, « plutôt latin, basé sur la contre-attaque, le mouvement, les prises d’initiative individuelles ». C’est pour s’habituer à ce type d’opposition que Florian Bruzzo a préparé cette rencontre en faisant jouer à l’équipe de France des formations au style de jeu sensiblement identique : la Turquie et la Roumanie lors du tournoi du « Mithat Hantal Memorial (Turquie), puis l’Espagne (en stage « amical ») depuis lundi et jusqu’à jeudi.

Jean-Pierre CHAFES

 

  1. On roule encore à gauche à Malte et il existe deux langues officielles : le maltais et… l’anglais.
  2. Malte présente un bilan de 7 victoires (face à la Suisse, à la Biélorussie, à Israël à la Bulgarie, au Danemark et au Portugal par deux fois), 1 nul (Israël) et 6 défaites (face à la Slovaquie, la Biélorussie, l’Ukraine, la Russie et la Géorgie, par deux fois).