Mulhouse en N2

Mulhouse devrait rejoindre Colmar en Nationale 2. Une refonte du championnat a amené la Fédération à proposer une place aux Haut-Rhinois et ils sont sur le point d’accepter. Reprise le 16 octobre. Il y a du paradoxe dans l’air de Mulhouse. L’an dernier, ses poloïstes avaient refusé une montée en Nationale 2 qu’ils étaient allé chercher dans les bassins. Aujourd’hui les voilà sur le point d’accepter une invitation de la Fédération, qui est en quête de clubs pour compléter sa nouvelle formule à trois poules. Et pourtant, Mulhouse a cette fois été éjecté des barrages d’accession.

Nouvelle formule

« On passe à 17 clubs au lieu de 22 », fait savoir l’entraîneur, François Klein. Il y aura trois groupes plus resserrés, à neuf chacun. Les déplacements seront moindres, il y a eu quelques repêchages en N3. « Notre équipe a pris de la maturité. On a vu sur les gros matchs que les gars savaient prendre leurs responsabilités. » Ce pari, car c’en est un, Thierry Estèbe et François Klein, en ont beaucoup parlé. Et ils ont envie de le tenter. La poule qui s’offre n’est pas facile. Nicea c’est du lourd. Lyon n’a pas perdu une rencontre la saison dernière en N2 et n’a manqué sa montée que pour une seule question de règlement. Après il y a Pont-de-Claix, Aix-les-Bains II, Moulins, Annonaye, Colmar et Chenôve. La montée de Chenôve, justement, pousse Mulhouse à quitter au plus tôt cette N3 où l’on s’ennuie parfois. « On sait bien que si on y reste, on va régresser et qu’en allant en N2 on va progresser. Alors, je préfère encore revenir en N3 la saison suivante après avoir progressé en N2 ! » Le club reste dans sa logique de formation. Au moins, les joueurs n’auront pas perdu leur temps. Ceux-là, justement, n’ont jamais vraiment digéré que leurs dirigeants les laissent une saison de plus en N3. « Je ne les ai pas sentis très impliqués ni motivés. » A part face à Chenôve, ce championnat n’avait pas grand intérêt. « Même en jouant mal on arrivait encore à gagner. Il n’y avait aucun enrichissement. » Tant pis si ce groupe mulhousien apparaît bien jeune. Pour ne rien arranger à la pyramide des âges, Mulhouse s’apprête à perdre l’un ou l’autre cadre. Nicolas Lang va intégrer l’Insep, Lucas Peter pourrait se voir offrir du boulot à Dijon. « Moi-même, j’avais parfois du mal à me motiver, confie François Klein. Aux jeunes, leur parler de N2 fait envie, ils sautent de suite dans le train. » Cela peut être jouable: sur 27 seuls cinq descendront. La marge est assez grande pour y trouver son salut. « Le prochain championnat de N3 sera encore plus réduit, note Thierry Estèbe, le manager. En restant dans l’optique de former des jeunes, le choix d’aller en Nationale 2 apparaît plus intéressant. Il nous faut encore en discuter avec eux… » La réponse ne saurait être négative. « Dans l’eau, on n’a pas mérité cette montée, poursuit le coach, mais cela aurait été très difficile de la refuser une nouvelle fois. »

S.Ba. – DNA – 21 juin 2010